Le Lannoyen, February 11, 1933

Le Lannoyen

February 11, 1933

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Issue date: Saturday, February 11, 1933

Pages available: 8

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Publication name: Le Lannoyen

Location: Paris, Ile De France

Pages available: 2,595

Years available: 1932 - 1964

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Le Lannoyen (Newspaper) - February 11, 1933, Paris, Ile De France nriiH'MÎIÏÏIïilHDÉPÔT Lfi«AL Auñée N* 6 20C;BNTfMBB CORiAN l82r.J>l«QMl« Lyt-hc-uiMy CoofMrJ^lMié dM leolM «• tak LE 3 Samedi 11 HHOTEN ^^BOMMBMBRnr 1 M lO Wrmmtìm Si l*piie 1,15 !• UgM — Bb S* et 4* 0J5 la lifM t pour 4 UfMi, IM UgMf raifUitct 0,60 la ligM AnoMM IttMiiM ti Upd« la NiM.JOURNAL PO CR TÙVS 4W9IUI Maicband'Tailucr Ses Ptrtotus làparlifda 870 tn AdriMif m oomeenloBWiB «tau Bureau du Journal Imprimerie J, |jECLBRCQ-pBLPLANQUE JBiM dim yiiovLkmi-m -LíltmhXéJLXnrmt Taka^NÓit àtOn pense trop à soi dans les grandes Tilles: dans les petites on s'occupe trop des autres.Stanislas Dubey. L'ACTUALITE Souvenirs de (irises Le président de la République a tion des finances publiques. Les popu-abandonné dix pour cent de sa dota- iations étaient d'ailleurs, en maints lion, mai» s ii a compté que i exemple endroits, beaucoup moins empressées seraii suivi, les éveneiiieiils ne lui ont ' a souscrire qu'a se refuser au paie-pas donne raison, tion geste n en est ment des impôts établis. Dans plu-pas moins élégant et digne de la gra- i sieurs agglomérations, on saccagea titude publique. Il n'est pas le premier même les bureaux des traites, des Cours4a-Reine où la foule les accueil- ! sont tenus avec une irrégularité qui lit avec enthousiasme. scandaliserait mon ami Edouard Lévy, L'exemple fut suivi, si bien qu'à spécialiste en 1« matière). L'indigène ròuvérture dé chaque séance, le Prèsi- a répondu : « Si je vis encore, c'est dent de l'Assemblée dut lire d'innombrables lettres annonçant l'envoi de que j'ai toujours vécu tout nu, sauf un petit pagne d'écorce. Tous les au sommes d'argent, de pièces d'argente- ! très sont morts pour avoir porté le gi-rif, de dons en nature. Le duc de Cha- let de flanelle et le pantalon imposés rost fit remettre cent mille livres ; ' par les missionnaires. Car ces trucs-là une petite fille fit l'offrande de deux gardent l'humidité de la pluie et de la louis et du mobilier en or de sa pou- transpiration ; et alors on crève d'une du genre ; de tous temps, quand les souverains contemplaient avec niélan-colie les coffres vides du Trésor, ils commençaient par faire porter leur pée ; un industriel offrit cinq pour ouit de les béBéSees ; dM oatriert ea- noyèrent le produit de leurs collecic». Un garde national déposa sur l'autel aides et des gabelles et l'on mit les dv la patrie les boucles d'argent de ses commis en fuito. î iouliors. Un avocat de Beaunie expé- Les bons citoyens hésitaient, de leur Jia huit feuillettes de vin. Au total, le côté, à faire un sacrifice dont ils cal- : mars 1790, un rapport du comité des vaisselle d'argent à la Monnaie où, i culaient l'insuffisance et l'inutilité linances constata que le total des dons comme Louis XVI, renonçaient noblement au don de joyeux avènement, puis ils faisaient appel ensuite à ceux disposés à les imiter. Mais, à l'heure des crises périlleuses, ii n'est pas d'appel comparable ii celui qu'en 17Stt l'Assemblée Constituante adressa au pays, sans en tirer grand résultat, du reste. A cette époque, la détresse du Trésor était totale. L'impôt, les emprunts ne parvenaient pas à combler le déficit, fixé officiellement à 56 millions de bons. La Fran-çe éUit alors à la veille de la banqueroute. Aujourd'hui, un déficit aussi réduit ne nous embarrasserait guère. Mais tout est relatif. La Constituante, à la demande de Necker, se décida à établir la contribution patriotique qui devait être transformée par la suite en un véritable impôt sur le revenu, mais qui tout d'abord lut purement volontaire, au moins jjusqu'au décret du 21 mars 1790 qui la rendit obligatoire. En même temps, la mode des dons patriotiques^ fut ¡aacée par quelques généreux citoyens de la Touraine. Aussi, durant l'hiver 1789-1790, on assista à un double élan de générosité et de patriotisme provoqué tant par la contribution volontaire que par les dons patriotiques. C'est Necker qui avait tenu à ce que lu contribution fut établie sur tiaiple déclaration volontaire et sans aucun contrôle du fisc. Cette contribution était basée sur le quart du revenu net pour tous les revenus supérieurs à quatre cents livres, payable en quinze ou dix-huit mois, et remboursable lors que le crédit se serait assez amélioré pour que l'Ëtat pût emprunter À quatre pour cent. Mirabeau avait refusé de souscrire sans réserve À l'argumentation de Necker ; il était partisan de l'obligation, fluxion de poitrine ». ...Mais, dans cent ans, il e^t fort possible qu'on rencontre uji uutr^ indigène centenaire qui dise : « Si J'ai atteint cet âge-là, c'est que j ai t «ujours porté un gilet de flanelle, j^es autres ont pris froid dans leurs cases, la nuit ; et, de rhume de oervexu en con. gestion pulmonaire, ils ont i.i.i par claquer », La vérité est qu'il y a bien t'es chan- 00 ÜMMI. probable. Les gens sérieux ne croyaient patriotiques ne se montait, en argent pas que l'argent demandé servirait vé- comptant, qu'à 1.042.170 livws, soit, ritablement au redressement des finan- • avec la contribution du quart, à peine ces pour que la longévité soit une ces publiques. Aussi les souscriptions onze millions, 'à peine le cinquième du affaire de tempérament et d héréd'té nombreuses ni im- déficit qui était, en réalité, trois plus que de régime, et qu'on naisse n »'taient-elles ni portantes. Du mois de septembre 1789 De temps à autre, les hommes s'avisent de réinventer le monde. Tout est par leurs soins bouleversé : théories scientifiqutis, doctrines économiques, canons de l)eauté, idées médicales et, plus encore peut-ôire, méthodes d'éducation. .Sur ce dernier point, nous croyons avoir enfin découvert la vérité, tfop longtemps méconnue par les pédagogues de naguère et de jadis. Faire confiance à l'enfant, créer autour de lui un « climat » favorable à l'éclosibn de se.-i qualités intelle<:tuelles et morales, jamais user de contraintes ni de punitions, telle est en bref la tendance des éducateurs résolument « modernes ». au mois d'avril 1790, les recouvrements effectués au titre de la contribution patriotique ne s'étaient montés ois plus élevé... Fom YiïïB ciiiit ans centenaire comme on naît bossu, crétin ou homme de génie. l^es Anglais ont à ce sujet une histoire qui n'est évidemment pas arrivée, qui n'est qu'une blague, un i/arn, mais qui contient sans doute une part de vérité jfénérale. Il s'agit d'un centenaire. On l'interroge' Il répond qu'il n'a jamais bu que du thé. Pas même un verre de bière. Sur quoi les .stylos Mon jeune ami avait voulu faire à sa délicieuse petite épouse une surprise agréable. 11 avait économisé patiemment la liasse de billets de mille nécessaires pour lui acheter une coquette voiture au Salon de l'Automobile. Très au courant, comme tous les jeunes gens de sa generation, de ia technique aes moteurs et du dernier cri dans le domaine de ia carrosserie, il avait combiné avec art la couleur des sièges et celle des panneaux laqués de ce petit chef-d'œuvre de la mécanique, destiné à taire sensation parmi ses amis. La petite épouse a accueilli avec des transports d'enthousiasme l'offrande de ce somptueux joujou. Elle s'est installée dans cet écrin avec la tranquillité d'une perle ,et le véhicule a été mis en marche. Mais l'élégance de la voiture et l'é-quiliore panait de ses couleurs imposaient si impérieusement les données ■d'un style décoratif précis qu'après avoir rouie pendant cinq cents mètres la jeune femme, qui possède un goût délicat, avait décidé son mari à stolte r devant 1 hôtel d'un grand couturier pour commander un « petit ensemble » capable de s'accorder avec la ravissante harmonie de la voiture. Aucune de ses toilettes actuelles ne pou le centenaire les arrête : « Ne vous pressez pas ! J'ai un frère qui a trois ans de plus que moi, et il ne dessoûle qu'à 9.721.085 livres, au lieu des IdO millions attendus pour la première année, dans l'enivrement enthousiaste des débuts. C'est pourquoi le 27 mars 1790, sur les conclusions du rapporteur Dubois-Crancé, la contribution volontaire fut transformée en contribution forcée avec déclaration obligatoire ou, à dé- J'apprends, par la lecture des feuilles puijliques, que le bourg de Croydon, aux environs de Londres, n est P^® de toute l'année ! » pas ¡seulement illustre par son Aérodrome, mais parce qu il compte au nombre de ses habitants une très respectable dame, Mrs Caroline Merriot, qui célébra, le jour même de Noël, son cent huitième anniversaire... Les mêmes journaux se plaisent à ajouter qu'il y a quatre-vingt-dix ans, avant I l'avènement de feu Victoria, elle était « ravissante ». Comme la photogra-pliie n'était pas encore inventée à cette époque, nous n'en aurons jamais la preuve, mais il faut les croire sur parole. D'abord, c'est possible. Ensuite, faut, taxation d'office par les municipalités. Pour le moment, cette vénérable dame se contente de vivre. Et c'est déjà des reporters d'aller leur train. Mais vait, en eftet, supporter cette confrontation. C'eût été une impardonnable faute de tact. 11 fallut également, pour la même raison, s'arrêter chez la modiste, puis chez le bijoutier et le chausseur. Si bien que mon ami vit s'augmenter démesurément en quelque» heures le prix de sa nouvelle acquisition. Il ne faut pas s'indigner de cette petite anecdote. L'art a ses exigences et les gens de goût doivent s'y soumettre, Mais, puisqu'une voiture moderne impose ainsi ses lois et son style à ses passagères, qu'attendent donc nos grands iiouturiers pour collaborer avec les carrossiers en renom et offrir SUÜPRISES DE L'IMMORTALITÉ Labiçhe ne s'intéressait aux choses de la politique' <Ju en temps de criset». Il guettait alors tout ce qu'il pourrait utiliser pour ses comédies. La publication des noms des dépu tés qui avaient voté pour ou contre le ministère retenait particulièrement son à la clientèle, dans le même stand, en attention. Il avait par ello des révélations — même temps que le drap des fauteuils d'une conduite intérieure, la robe sa- nous en avons aussi — dont il était | ture et son élégante propriétaire ? Le ravi. Ses oeuvres fourmillent de noms 1 Salon de l'Auto devrait consacrer-ces de personnages vaudevillesques qu'il Au préalable, l'Assemblée avait cru'empruntait et transformait à pouvoir stimuler le zèle des souscrip-. ni&nder « comment elle avait fait . ?... teurs en ordonnant l'impression de désirons tous, ou prea- liste des déclarants avec les sommestous, dépasser les bornes ordinal-qu'ils se seraient engagés À payer. i ''«s de l'existence, nous espérons tous, L'effet produit fut directement opposéprtisque tous, qu'il y a pour «a une ù celui qu'on espérait de cette mesure »"faillible recette, maladroite. Ceux qui avaient le désir ^^^ Caroline Merriot a répondu de donner évitèrent de faire une dé- Q"'«»« attribuait sa longévité au fait „-. ,_______^____________________________- - _____ ____ - ^ ^ . ^ Victor Hugo lui-même, jeta un jour mais il se rallia à l'œuvre du ministre : claration afin qu'on ne publiât pas le qu'ell«* s'est toujours vêtu© i en pleine gloire un obscur député... peine Meilhac et Beoque puisaient souvent au même tonneau. Comme lui, ils ont ainsi immortalisé, à leur insu, des hommes dont la célébrité ne dépassait guère les limites de leur cir-conscripion électorale. en un discours magnifique dans lequel, pour vaincre les hésitations de l'Assemblée, il évoqua le spectre de la banqueroute et rappela, à propos de cette menace, la phrase célèbre : « Ga-tilina est aux portes de Rome et l'on délibère ». Le vote eut lieu le 26 septembre 1789 et nous avons dit que durant tout l'hiver on s'efforça d'échauffer le patriotisme des bons citoyens. Mais ceux-ci n'avaient pas confiance dans la ges- chiffre de leur revenu. ; que, par consequent, les jeu-i ^tait à la tribune, prononçant un Quant aux dons patriotiques dus «es filles d'aujourd'hui qui portent i admirable que celui-ci ha- à la seule initiative privée, ils ne réus- cotillon court, bien que talons hauts. ! ^hait d'interruptions, sirent pas mieux. Pourtant l'élan avait montrent leur gorge en plein midi, j ^^^^^ ¡j ^^ tourna vers été donné d'une façon sensationnelle, offrant leur poitrine nue au souffle ¡.¡nterrupteur : Le 7 septembre 1789, à Paris, une di- perfide des éléments, à son avis de-zaine de Parisiennes, femmes et filles voient Périr à la fleur de leurs jours, d'artistes, Mmes Vieu, Pragonard, Da-| Hum !... L'année dernière, on a m-vid, etc., vinrent 'à l'Assemblée offrir tervievvé, aux îles Gilbert (Polynésie), leurs bijoux; elles furent admises aux'un indigène qui passait pour avoir honneurs de la séance et reconduites cent ans (j'écris « passait », parce que en triomphe jusqu'à l'extrémité du les registres de l'état civil, aux Gilbert. — Mon honorable collègue sait mon nom, lui dit-il. Moi, j'ignore le sien. Je serais heureux de le connaître. — Bourbotiss&u ! cria iinconnu. — Merci, répliqua Victor Huyo. Cest plus que je n'espérais. alliances. De cet accord heureux pourraient sortir de charmantes trouvailles. Le cinéma actuel Lo cinéma, c'est entendu, se flatte d'annexer victorieusement la technique du journalisme. Et il a, en effet, les moyens d'imprimer chaque jour, sur calicot, un journal vivant et instructif. Mais, puisqu'il est entré dans cette voie, il faut qu'il se plie à toutes les lois du genre. Or, actuellement, il est en train de s'endormir sur ses lauriers. Tout d'abord, il mériterait d'être rappelé à l'ordre pour son ignorance philologique. Il n'a pas le droit d'appeler journal ce qu'il ne renouvelle pas chaque jour. Ce qu'il publie, c'est un périodique, c'est une revue hebdomadaire et non pas un quotidien com me il devrait et comme il pourrait le faire. Les « actualités » filmées ont pris dans tous nos programmes une place de tout repos qui permet à leurs rédacteurs de sacrifier ü la loi du moindre effort. Trop souvent, le choix des sujets et la façon dont ils sont traités manquent un peu trop d'ingéniosité et de goût. On traite toujours le même thème, et la technique du « cliché » règne en maîtresse chez ces journalistes-photographes. Mais ce que les aniateurs de cinéma reprochent au journal filmé, c'est précisément sa périodicité. Les amateurs d'écran qui vont chaque semaine dans différents cinémas prendre connaissance des films nouveaux trouvent avec découragement, pendant toute la première partie, les mêmes courses cyclistes, les mêmes inaugurations de plaques commémoratives, les mêmes discours politiques et les mêmes enterrements. C'est une- épreuve insupportable qui donne une impression exaspérante de temps perdu. Plus le spectateur aime le cinéma et plus il souffre de cette répétition et di; cette monotonie, car c'est plusieurs fois par semaine qu'il en subit le redoutable ennui. En attendant que nos grandes firmes puissent renouveler un peu plus souvent leurs actualités, ne pourrait-on établir entre les salles un roulement qui rendrait moins fastidieux ce radotage déplorable ? Les journaux d'écran sont devenus assez bien outillés et assez puissants pour que leurs lecteurs aient le droit de leur demander quelques améliorations techniques. C'est la rançon inévitable du succès. Qu'ils l'acquittent de bonne grâce. EMILE. loion D'^parfemeotale des Sociétés de Secours flutuels du Nord EtabliB'Mswrt contrôlé par l'Etat 1t Boulevard Vauban, LILLE Agriculteurs Commerçants ArtiBani, Employés, Omim Pères de Famille Anciens Combattants quelle qce toit vntre aitoation defortOBO qnpi q"e «oit ?otre âge, CoB»titoet. hujonrd bui» poortoai» fotre feirmp, et fot enfaott, one Kelraili'garantie subveDtioD'^ée par TEtat au iDf7e* dte li Caissa Hutanomada Retraitas DE LA Mutualité du Nord S'adresier : LIL1 £. 11, Bd Vauban. Tél. 9.24 et 51.96 B'^rMoi ouverts tooM leo jonra de 9 h. À12 b. 30 et de 14 b. 30 à 19 beurea PermaaeBce le dimancbe de 10 heures 13 heures, T(»URrOINO. 17r. de rinëu8trlem23.04 RoURAiX. 57 r. dea Fabricanto M. HM < ANNOY. rue de Tournai - Tél. 1.35riontunoa ou uMom m* sPrioeesse mais Eselave II vais envoyer tout de auite ma femme de chambre faire une tournée de magasine, mais vous n'aurez rien avant demain... Le cœur de Liane s'était replié comme certaines fleurs referment leurs corolles quand le soleil disparaît. — Ce qui est terrible, poursuivait Dolly, suivant son idée, c'est que je vais être obligée de vous tenir enfermée tout raprèÉ-midi malgré ce beau soleil, mais que faire ?... — Rien d'autre en effet, dit froidement fJane. —• Heureusement qu'Adrienne est intelligente. >Elle fera plus en un jour que les autres femmes de chambre n'en feraient en une semaine. Elle ne s'occupe généra- A eon étonnement, Dolly sentit un petit brouillard humide voiler ses yeux. Elle revoyait les grandes prairies ensoleillées lement que de moi, mais... de Bulmet et les floraisons de roses, et, „ au fait I cria-t-elle, comme si elle l'amour enveloppant de son jeune et beau ' avait découvert un précipice à ses pieds, mari, pendant que la grande fille qui vous n'avez pas ameiiié de fmme de itâlt auprès d'elle e'accrochait à son ■ chambre, Je croie ? — Grand'mère a défigné Lucy, que vous avez ^iie ce matin. Elle m*6et très attachée... — Lucy ! comment peuvec^ous seu* lement mentionner son nom ? C'est une horrible vieille mégère eni'il faut renvoyer au plus vite, car elle est absolument ridicule. — Je la considère comme une amie et je n'ai Jamais eu d'autree services que séin. rand i)ieu, que tout cela était loin, et quelle atupldité romanesque c'était de 8*attendrir sur le passé ! Pourtant, cette minute d'attendrissement de Dolly réchauffait le cœur de Liane. — Elle pense à mon père, se dit-elle, tout son Jeune cceur prêt à s'élancer de aouveaû, mais elle n'en fît rien paraître. ~ Liane, j'estais de f.enser comment íes siens Je vais pouvoir voua procurer, tout de j _ Cela se voit, du r«sto I ■ulti, die vlupantfl convanablas T... Ia| — Blis obMaaalt tax lostnioUons da ma grand' mère, elle fera de même en ce qui concerne les vôtres. — Ne dites pas d'enlantiUagee t Vous devez avoir une gentille petite femme de chambre française. Adrienne aura bien vite trouvé ce qu'il vous faut. Cette fois les grands yeux e dilatèrent, et ce fut la voix tremblante d'angoisse que Liane plaida la cause de sa vieille gouvernante. — Je voue en prie, maman, ne renvoyez pas Lucy, elle est très iastruite, vous savez et... je n'ai pas flni mes études mathématiques... — Mathématiques ! A quoi voulez-vous que vous servent les mathématiques, ma pauvre enfant ? A vous rendre odieuse aux autres et à vous donner une renommée de pédantisme, voilà tout ! — Les sciences m'intéressent, maman... beaucoup même. Et puis, Lucy est si bon. ne, perbettez-moi de la garder ? — Non, cent fo*s non. Vous me remer* cierez plus urd pour ce refus, Liane. — Dieu le veuille... — Les mathématiques, les sciences ! ripèta, la jolie femme. Ma pauvre enfant, on voit bien que vous avez été élevée en plein spleen de Bulmer. Ce <iu'il vous faut apprendre c'est le monde, savoir vous habiller, savoir vous mettre en valeur, savoir dire des riens avec grAce, apprendre à recevoir. Votre Lucy est presque aussi odieuse que voira grand' mère, si vous voulsc mon av*«... — Vous ne la connaissez pas, et Vous vous trompez absolument sur son compte. — Que non pas ! Cependant si ses affreuses lunettes et elle-même sont utiles votre bonheur, gardez-les quelques temps encore, mais par pitié ne les produisez pas en public ! — En ce cas... — Vous avez besoin de quelqu'un auprès de vous, car je ne peux pas m'oc-cuper constamment de vous. Je resterai ici jusqu'à la fin de lu saison, puis à l'automne nous voyagerons avant de nous installer à Paris pour l'hiver. Après quoi, il faudra penser à votre présentation à la Cour. — Est-ce bien utile? demanda Liane, les yeux fixés sur la pointe de see souliers évidemment un peu grossiers. — Utile ? Vous voulez dire indispensabile. Il est vrai que votre horrible grand' mère, qui n'a pas mis las pieds à Londres depuis des siècles, est capable d'y venir, rien que pour m'enlever ce plaieir, et voua préaenter eUe-nême ! Liane ne trouvant rien à répondra, ea mère se froissa de son silence. — Soyons donc un peu plus franche, Liane, et dites^moi ce que je veux faire pour vous ? Quelle est votre distraction favorite ? Liane releva ses gands yeux attristés. — Le grec... — Le gKç r Un cheval ? Un chien ? — Une langue, dit Liane avec un fai ble sourire. J'adore le grec et la Gi'èce nie passionne... — Je sais bien que le grec est un langage, dit Dolly pouvant à peine cacher son irritation, maia naturellenieiu je tje pensais à rien d^anssi extravagant ! Je m'attendais à quelique chose de uomial, un sport ou un jeu favori, mais le grec... « Et qu'aimez-vous aprèe le grec, peut-an le savoir ? — La musique, maman, et c'ebi piee-que. la même chose, la langue grecque est une musique... — Bonté divine ! exclama Dolly, complètement désorientée. — Oh ! niais, j'aime autre chose, dit Liane conciliante, j'aime le cheval, je montais tous les matins à Bulmer, et je sais très bien canoter, au besoin diriger un petit yacht sur un lac. Le régisseur de grand'mère m'a appris. — Voilà qui est mieux, bien que, à vrai dire, la chasse soit plus à la mode encore, car les hommes adorent que les femmes ke suivent dans tous les sport» cpi'lls aiment, dit Dolly diatraîtement. Mais je crains, ajouta-t-elle apite quelques minutes de silence, que vous ne soyez horriblement vieux jeu, trop rude, trop sir. cére, et pour tout dire, beaucoup trop H collet monté... >» Par sdrcrôît vous avec des façons de vouloir des prévisions qui rend toute conversatilDn impoesible. — Je ne cnnprends pae.^ — Je veux dire tout^ simplement ^e le H Style » do Bulmer est affreusement démode ; il ne plaît plus a pensonne, et kv liuinnjes le haiêseiit. -- Et qu'et^t-oi;' qu'ils aiiuent ? demanda Liane, indifférente à la réponee. — Li; chic : le chic avant tout ! Et pour le moment, v.ais n'avez pae un brin de chic, ma pauvre enfant. Vous ressemblez à une jt.'unti Anglaise do .Tohii Burnc, avec eacort> puw d'austérité pudique possible : Ma parole, on cherche une Bible autour fie vouîi en pensant qut* vi)us devez la consul:or toutes les vingi minutes. C'est effrayant. J'essayerai d'être moins effrayante. — Et ce sera facile, ma chérie. Pour le moment vous ferez du cheval et du canotage, ce qui vaut tout de même mieux que le grec et les mathématiques. — Me permettrez-vous vraiment de canoter un peu... même ici h Trouville ? — Naturellement, c'est le meilleur en-droit du monde pour cela. Savez-vous nager '? — Comme un poisson, disait-on là-bas... — Parfaii..., mais j'y pense, vous ne devez pas avoir de costume de bain ? — Oh si ! Je Ji'ai pas oublié de l'apporter, voulez-vo\ja le voir î — Lucy ? {3 suivre) ;

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